La douane du Nicaragua!

Je savais par expérience que le passage de la douane du Nicaragua était difficile. Je n’ai pas été déçu.

Un premier douanier me donne un formulaire à remplir. Il le signe au dos pour prouver qu’il me la bien donné. Je me demande ce qu’il se serait passé s’il me l’avait donné sans signer ou alors signer sans me le donner.

J’ai tout le temps de le remplir, tellement la file de camion est longue. J’arrive à un deuxième douanier qui contrôle mon passeport. Il signe mon formulaire. Je fais parti des gens qui ont pensé à prendre leur passeport pour passer la douane.

Je passe ensuite au poste de fumigation. Il est indispensable de ne pas transporter avec son véhicule des maladies pouvant compromettre la santé du pays. Je dois descendre de voiture pour m’acquitter des 135 cordobas et récupérer le précieux formulaire de fumigation. L’arrêt en plein soleil semble à lui seul suffisant pour détruire les germes car absolument rien n’est fait sur la voiture.

Je m’arrête ensuite au poste de douane proprement dit. Je passe le contrôle habituel : tampon du passeport et bien sûr de mon formulaire.

Il faut ensuite ressortir du poste de douane et chercher sur le parking le responsable de la fouille des véhicules. Je n’ai vraiment pas de chance : un club de motard est arrivé juste avant moi. Le douanier inspecte chaque moto et fait ouvrir toutes les sacoches. Viens enfin mon tour et la précieuse signature de contrôle de ma voiture.

Je dois ensuite retourner dans le bâtiment pour le contrôle des bagages. Je vais donc voir le douanier en charge du scanner. Comme je voyage en voiture, je n’ai pas de bagage. J’obtiens une nouvelle signature qui atteste que mes zéro bagages contiennent zéro produit illicite.

Il me reste une dernière étape à franchir : l’enregistrement de mon véhicule.  Comme pour un feu d’artifice, c’est le bouquet final. Je fais la queue, comme tout le monde. Après plus d’une heure, c’est toujours la même personne au guichet. J’ai le sentiment que rien ne se passe. Des gens disparaissent de la file, mais devant rien ne bouge. Brusquement le guichet 1, où je me trouvais, se ferme et la douanière va ouvrir le guichet 2. Personne ne comprend ce qui se passe. Je crois un instant au miracle, la douanière me fait signe de venir au guichet 2 malgré les 4 personnes devant moi. Espoir de courte durée, ce guichet n’est ouvert qu’aux personnes ayant déjà enregistrées leurs véhicules antérieurement. Je dois donc retourner faire la queue au guichet 1 où il n’y a plus de douanier. En fait, le scanner des documents est en panne. Il faut attendre le réparateur pour se faire enregistrer. Pour un certain temps, seules les personnes ayant leurs documents déjà enregistrés dans le système peuvent passer la douane. Les gens devant moi s’agitent et commencent à partir. L’un d’entre eux me fait signe de les suivre. Il paraitrait qu’il aurait éventuellement la possibilité de se faire enregistrer ailleurs où le scanner marche. Je n’ai rien à perdre et décide de les suivre. Effectivement, dans un autre bâtiment, un guichet est ouvert. Je pense, un instant être au bout de mes peines, mais le passage de cette douane se mérite.

J’ai encore 4 personnes devant moi et chaque dossier prend un temps infini. Je suis dans une autre dimension. Des forces colossales sont mises en jeu. Cela commence par une intense réflexion du douanier, probablement équivalente à l’énergie du Big Bang, puis son index après une trajectoire parabolique vient s’écraser sur le clavier avec la force et la précision de la météorite responsable de la disparition des dinosaures. Le phénomène se reproduit à intervalle régulier. Puis, c’est le trou noir. Un collègue vient lui parler et tout s’arrête. Avec une telle débauche d’énergie, une bonne heure supplémentaire est nécessaire pour enregistrer mes documents. Alors que je pense avoir passé le plus dur, le douanier jette à la poubelle mon précieux document avec toutes les signatures durement acquises au cours des 3 heures précédentes. Je suis inquiet, par prudence, je lui demande s’il est sûr de ce qu’il fait. Il me tend à la place un simple document avec une seule signature, j’ai l’impression d’avoir perdu au change, mais je n’ai pas le choix.

Avec ce précieux document je peux passer à l’ultime étape : la sortie de la douane. Je dois présenter à l’agent de l’immigration mon passeport et à l’agent des douanes les documents du véhicule.

Je peux enfin presque partir, il me reste à obtenir une assurance pour éviter une contravention lors d’un éventuel contrôle policier. Il fait nuit, un agent remplit un formulaire au bord de la route à la lumière des phares de la voiture et me demande 12 dollars. Je suis sensé être couvert pour un mois. Il vend aussi du coca, mais je décline son offre. Il n’est pas compris avec l’assurance.

Post dédié à Chloé

About the author

Soyez le premier à commenter

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *